[1 jour 1 livre] Jour 15 : Ce dont rêvent les ombres d’Hilda Alonso

Une autrice à découvrir d’urgence !

15-ce-dont-revent-les-ombresRésumé :
Peuplé d’un bestiaire fantastique inspiré de la tradition médiévale, « Ce dont rêvent les Ombres » est une odyssée menée par des femmes. Ménehould, blessée tandis qu’elle vient au secours d’une créature féerique est soignée par Éponine, dernière druidesse ayant choisi la marginalité pour se protéger de la répression chrétienne. Ménehould met au monde une enfant dotée d’étranges pouvoirs qui suscite la méfiance et meurt, assassinée. Sa mère, abattue de chagrin, entame alors une effrayante métamorphose… Aidée de Tanguy et de Bledri, Éponine va la guider vers son seul refuge.

Voir sa fiche sur The Book Edition : Ce dont rêvent les ombres d’Hilda Alonso

 

Hilda Alonso, c’est un style unique et un univers à elle toute seule. Ce que j’aime avec ses récits, c’est l’impression de me plonger dans un grimoire qui relate des faits oubliés de tous avec des tournures hors du temps.

Ses livres sont de véritables portes vers d’autres mondes qui sont hors de toutes conceptions du réel, à la frontière du roman courtois, du roman gothique et des légendes.

C’est avec ce livre, Ce dont rêvent les ombres, que je suis entrée dans le monde parallèle et onirique d’Hilda Alonso et, honnêtement, je souhaite ne jamais en sortir.

J’avais acheté ce roman au salon du livre de Poitiers en juin 2016 et j’avais eu une très agréable conversation avec l’autrice. Je n’avais pas prévu d’acheter ce roman à l’origine, mais son résumé sur le site des éditions du Chat Noir (qui l’avaient publié initialement) que j’avais lu lors de ma préparation du salon m’avait directement séduite. Du coup,… ben… j’ai cédé !

Ce premier roman d’Hilda Alonso aurait très bien pu commencer par « Il était une fois, dans une lointaine forêt,… », tant le sujet s’y prête. Cette histoire revêt des accents de dépassement de soi et d’apprentissage de la sagesse par la compassion, le courage et l’abnégation, valeurs que l’on retrouve autant dans les contes et fables que dans le roman courtois. J’ai également aimé comparer ce récit au très célèbre Alice au Pays des merveilles de Lewis Carroll par cette atmosphère fantasmagorique (pour reprendre le qualificatif très juste de l’éditeur) qui règne dans les deux livres, même si dans Ce dont rêvent les Ombres l’ambiance est bien plus sombre et mystérieuse qu’absurde.

Le style est, à la fois, la force et la faiblesse du roman. Il est riche et poétique. Par ses mots, l’autrice parvient à nous plonger dans une ambiance mystérieuse et onirique qui perdure tout au long du récit. L’écriture est réellement originale et change beaucoup de ce qu’on croise actuellement.
Seulement, la richesse du vocabulaire m’a quelque peu désarçonnée. Certains mots, particulièrement anciens ou très peu usités, m’ont donné du fil à retordre dans ma lecture et m’ont fait perdre certaines informations. En outre, durant certains passages, j’ai été tellement hypnotisée par la beauté de la forme que j’en oubliais le fond et j’ai dû les relire afin de récupérer le fil de l’intrigue.
Je pense donc que ce roman s’écarte lui-même d’un certain public par la complexité de sa forme, mais séduira d’autant plus les amateurs de poésie en prose.

L’intrigue est tellement bien ficelée et les rebondissements si imprévisibles que ce fut un réel plaisir de cheminer aux côtés d’Éponine et de vivre les aventures qu’elle traverse avec ses compagnons. Ce qui m’a surtout plu a été la construction allant crescendo de ce récit. Petit à petit, les épreuves, les paysages et les rencontres changent, évoluent pour aller du réel à l’imaginaire, de l’ordinaire à l’extraordinaire. Comme si le voyage de la rebouteuse ne se déroulait pas dans l’espace, mais dans l’esprit, dans l’insondable. Ce périple m’a donné l’impression que, au fil de l’intrigue, les personnages s’enfonçaient dans une forêt dont l’orée était la réalité et le cœur un univers magique coupé du monde où toutes les règles que l’on connaît ont changées.

Les personnages principaux sont habillement définis. Hilda Alonso parsème intelligemment son histoire de détails qui m’ont permis de saisir aisément la personnalité riche de chacun des protagonistes. En revanche, je trouve que les personnages secondaires, bien qu’ayant leurs personnalités propres, restent assez stéréotypés.

L’univers est foisonnant. Il m’a énormément fait penser à la Brocéliande mystérieuse que j’ai pu croiser dans les légendes arthuriennes (comme avec Merveilles et Légendes des Dames de Brocéliande de Sandrine Gestin). J’ai aimé retrouver des éléments de plusieurs mythologies que j’apprécie énormément. Ainsi, l’univers de ce roman est un savant mélange de druidisme, de dieux celtes, de créatures du folklore écossais, d’un soupçon de mythologie nordique, etc.

En bref, c’est un roman riche et poétique qui rentre en plein dans la définition du terme onirique, dont l’histoire et l’univers sont originaux mais qui, par sa forme lyrique et son vocabulaire un peu trop complexe par moment, pourrait en déboussoler plus d’un.

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