Les manuscrits refusés

Bonjour à toutes et à tous !

Récemment, l’une de mes copines de plume a commencé à envoyer son manuscrit à des éditeurs. La semaine dernière, elle a reçu sa première lettre de refus. Comme elle l’a souligné, même si on s’y attend, ça reste une épreuve désagréable.

Alors, aujourd’hui, je ne vous parlerai pas de comment réagir à ce genre de lettre, tout simplement parce que je n’y ai jamais été confrontée, en tout cas pas dans le monde du livre.
En effet, ces lettres de refus, la dévalorisation de soi et notre perte de confiance en nous qui s’en suit est juste épouvantable. Si j’ai opté pour l’autoédition, c’est en partie parce que je ne voulais pas me retrouver encore confrontée à des refus ou, pire, à de totales absences de réponses. Comme si je ne valais même pas la peine qu’on prenne 5 minutes pour m’envoyer un courrier-type de refus. Je vous parle évidemment de ce que j’ai vécu quand je cherchais du travail.
L’autre raison principale pour laquelle j’ai opté pour l’autoédition sans passer par la case envoi de mon manuscrit, c’est parce que je n’ai confiance ni dans le système actuel ni dans les éditeurs. Mais ceci est un autre sujet.

Revenons-en à ces manuscrits refusés.

En fait, cette intro est un prétexte pour vous parler d’un livre édifiant qui parle justement de ces manuscrits qui ne trouvent pas d’éditeurs.

Il s’agit d’un roman Au Paradis des manuscrits refusés d’Irving Finkel. Ce livre se veut être une caricature du monde universitaire qui aime tourner en circuit fermé et s’autocongratuler à longueur de journée, mais c’est aussi une critique du monde éditorial actuel.

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Sanctuaire ovni niché dans la campagne anglaise, dirigée par d’excentriques érudits, La Bibliothèque des Refusés accueille TOUS les manuscrits retoqués par les éditeurs. Mais entre l’agaçante nouvelle bibliothécaire, une actrice grimée en étudiante fouinant des idées de films, des cambrioleurs un peu gogos et le défilé des aspirants écrivains, la mission n’est pas de tout repos ! Loufoque, profondément léger et délicieusement british : cette comédie originale est une insolente déclaration d’amour (et d’humour) à la littérature – en tout genre. Une merveille.

« Drôle et décalé, un hommage aux oubliés de la littérature. »
Sud-Ouest

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Certaines personnes, écrivains et écrivaines de leur état, m’ont dit que ce roman devait être triste et pessimiste. En vérité, il n’en est rien.

Comme dit plus haut, ce livre se moque des universitaires qui sont jaloux de leur bibliothèque au point d’inventer les stratagèmes les plus machiavéliques pour dissuader les gens (simples lecteurs/lectrices ou universitaires souhaitant compléter leurs recherches) à venir (ou à rester) pour consulter les exemplaires uniques qui reposent sur leurs rayonnages. C’est donc un livre drôle. À ceci près qu’il faut aimer l’humour anglais.

Mais ce roman est aussi une réflexion sur ces livres qui ont été refusés par les éditeurs. Sont-ils vraiment tous mauvais ? Sont-ils vraiment tous bons à jeter ? À être oubliés sur les rayonnages poussiéreux d’une obscure bibliothèque ?
Et finalement, quel est le réel but de cette bibliothèque des refusés ? (Fil rouge du livre)

Grâce à la vanité du directeur (deux fois docteur, s’il-vous-plaît !) qui se targue de posséder des pépites de la littérature, de la poésie, du théâtre, etc. on apprend que parmi ces manuscrits refusés, se trouvent vraiment des textes d’une rare qualité qui n’ont simplement pas pu être publiés parce que ce n’était pas le bon moment ou parce qu’ils n’ont pas été lus par les bonnes personnes. Il est là, le but de cette bibliothèque des refusés : conserver ces merveilles de la littérature pour qu’elles puissent être sauvées de l’oubli, car ce n’est pas parce qu’un manuscrit n’a pas trouvé d’éditeur qu’il est mauvais.

Je vous mets un extrait pour vous illustrer tout ça :

— Écoutez, laissez-moi vous demander à tous quelque chose. Vous connaissez la lettre-type : Merci pour l’envoi de votre ouvrage, que nous avons tous lu avec attention. Nous l’avons unanimement trouvé original, fascinant, drôle, divertissant, et extrêmement bien écrit, sans oublier les illustrations que nous avons adorées. Cependant, je crains pour l’heure de ne pas être en mesure de l’inscrire à notre catalogue. N’hésitez pas à nous adresser tout autre manuscrit à l’avenir, nous serons toujours ravis de le lire.
« Cette lettre est-elle toujours sincère ? Je veux dire, n’avez-vous jamais l’impression que vous tenez quelque chose que savez être bon, de la vraie littérature, mais qui n’est simplement… pas adapté au marché.

Le silence se fit. Les gens se regardaient entre eux.

— Voilà précisément ce que je recherche. Ce que je veux sauver de la destruction. Ces voix originales.

Au paradis des manuscrits refusés, Iving Finkel, éd. 10/18, 2018, pp. 220-221.

Il y a d’autres pensées dans le genre tout au long du livre. Pour reprendre les termes de Sud-Ouest : ce livre est, effectivement, un bel hommage aux oubliés de la littérature.

En conclusion, cet article un peu brouillon pour vous dire que si votre manuscrit n’est pas accepté par un éditeur, ce n’est pas nécessairement parce qu’il est mauvais, mais plutôt pare que ce n’était pas le bon moment ou la bonne personne.
Si vous voulez lire un article complet sur le sujet, je vous conseille l’excellent article de Neil Jomunsi : La vraie raison pour laquelle personne ne veut publier ton roman.

Mais aussi que ce livre est vraiment excellent autant par rapport à son histoire loufoque que par sa réflexion sur le monde de l’édition.

 

Une réflexion sur “Les manuscrits refusés

  1. Un sujet intéressant. D’ailleurs, pour rester sur le même sujet mais dans un autre format, il y a le film Le mystère Henri Pick, en ce moment au cinéma. C’est une enquête menée par un critique littéraire un peu loufoque (Fabrice Luchini, forcément ^^), pour prouver que l’auteur du dernier best-seller n’est pas celui que l’on croit. Et il passe, entre autre, par une bibliothèque des manuscrits refusés. Tout ça pour critiquer de façon drôle et percutante le monde éditorial, qui préfère notamment parier sur le roman du roman (donc l’aspect marketing du roman), plutôt que sur le roman en lui-même quand celui-ci est juste excellent, mais sans histoire vendeuse autour.

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