5 livres qui ont marqué ma vie de lectrice

Je ne suis pas qu’une écrivaine, je suis aussi une lectrice. D’ailleurs, pour moi, l’un ne va pas sans l’autre, mais c’est un autre débat 😉

Aujourd’hui, j’ai envie de vous présenter des livres dont je ne parle pas nécessairement souvent, mais qui, pourtant ne sont pas passés inaperçus au fil de mes lectures.

Les livres dont je vais vous parler m’ont touchée pour plusieurs raisons : soit ils ont marqué un tournant décisif dans mes choix de lectures et mes goûts en règle général, soit ils m’ont touchée en plein cœur et se sont avérés être des révélations philosophiques, émotionnelles…

C’est parti !

 

1. Cœur de Phénix de Mathieu Gaborit

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Vous avez sûrement dû le voir passer dans le Sunshine Blogger Award et un nombre incalculable de fois sur Monde Fantasy, mais ce livre a vraiment marqué ma vie au point que je ne peux pas ne pas le citer dans cette liste.

Toutefois, comme j’en parle déjà en long, en large et en travers partout, je ne m’étendrai pas dessus ici 😉

Je rappelle juste que ce livre a été mon premier pied dans la Fantasy adulte et qu’il m’a éveillée au genre. Si vous voulez en savoir plus, je vous renvoie à la première question du Sunshine Blogger Award.

 

2. Le Cid de Corneille

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Quand on nous a annoncé cette lecture dans le cadre du cours de français, autant vous dire que j’y suis allée avec des pieds de plomb. Et pourtant… Je ne saurais vous dire à quel point l’histoire de Chimène et Rodrigue m’a ébranlée.

Ce livre à la litote la plus connue de toute l’histoire de la littérature, pour citer ma prof de français, a été l’une de mes meilleures lectures scolaires (avec Candide de Voltaire, une autre excellente surprise). Pour tout vous dire, je l’ai lu trois fois en deux jours. Et le second jour, je la jouais dans ma chambre (en pyjama – je vous vends du rêve, hein ?! 😜) puisque je connaissais certains passages par cœur, notamment le monologue de Rodrigue qui, encore aujourd’hui m’arrache quelques larmichettes.

Allé, je vous la mets juste pour le plaisir :

Percé jusques au fond du cœur
D’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d’une juste querelle,
Et malheureux objet d’une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
Ô Dieu, l’étrange peine !
En cet affront mon père est l’offensé,
Et l’offenseur le père de Chimène !

Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s’intéresse :
Il faut venger un père, et perdre une maîtresse :
L’un m’anime le cœur, l’autre retient mon bras.
Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
Ô Dieu, l’étrange peine !
Faut-il laisser un affront impuni ?
Faut-il punir le père de Chimène ?

Père, maîtresse, honneur, amour,
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.
L’un me rend malheureux, l’autre indigne du jour.
Cher et cruel espoir d’une âme généreuse,
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur,
Fer qui causes ma peine,
M’es-tu donné pour venger mon honneur ?
M’es-tu donné pour perdre ma Chimène ?

Il vaut mieux courir au trépas.
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu’à mon père :
J’attire en me vengeant sa haine et sa colère ;
J’attire ses mépris en ne me vengeant pas.
À mon plus doux espoir l’un me rend infidèle,
Et l’autre indigne d’elle.
Mon mal augmente à le vouloir guérir ;
Tout redouble ma peine.
Allons, mon âme ; et puisqu’il faut mourir,
Mourons du moins sans offenser Chimène.

Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
Endurer que l’Espagne impute à ma mémoire
D’avoir mal soutenu l’honneur de ma maison !
Respecter un amour dont mon âme égarée
Voit la perte assurée !
N’écoutons plus ce penser suborneur,
Qui ne sert qu’à ma peine.
Allons, mon bras, sauvons du moins l’honneur,
Puisqu’après tout il faut perdre Chimène.

Oui, mon esprit s’était déçu.
Je dois tout à mon père avant qu’à ma maîtresse :
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur comme je l’ai reçu.
Je m’accuse déjà de trop de négligence :
Courons à la vengeance ;
Et tout honteux d’avoir tant balancé,
Ne soyons plus en peine,
Puisqu’aujourd’hui mon père est l’offensé,
Si l’offenseur est père de Chimène.

Source : Libre Théâtre

Comment ne pas s’émouvoir ?

 

3. La Poésie lyrique

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En Belgique, la 5e année (c’est-à-dire la 1ère pour les Français) est dédiée à l’étude de la poésie. Je ne vous raconte même pas la tête de 6 pieds de long que j’ai tirée quand notre prof de français nous a remis ce bouquin.
Toutefois, curieuse, j’ai feuilleté le bouquin et je suis tombée sur un poème de Louise Labé qui m’a vraiment émue :

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Sonnet VIII, Les Élégies et sonnets, 1555

Et là, j’ai commencé à devenir impatiente d’étudier la poésie.

Cette anthologie nous a permis de découvrir beaucoup de poèmes et de poètes (dont Verlaine pour qui j’éprouve une passion sans limite depuis) et m’a permis, à moi, de trouver une sorte d’épanouissement émotionnel et sentimental que je ne trouvais pas dans la prose (hormis les poèmes en prose [comme Neige de Maxence Fermine], évidemment).

Grâce à ce livre, j’ai découvert un panel vraiment éclectique de la poésie à travers les âges et les courants littéraires qui m’a permis d’apprécier encore plus la beauté de la langue française.

 

4. La Bête humaine d’Émile Zola

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Alors là… Zola… C’est clairement pas mon copain ! Ce livre m’a marquée, mais pas vraiment positivement.

Ce livre a également été une lecture obligatoire pour l’école et, honnêtement, je ne pensais pas qu’un jour j’arriverais au bout de ce livre. Il m’a causé des déprimes, des cauchemars et même des pertes d’appétit à certains passages.

Ce livre a été l’une de mes lectures les plus pénibles. Ce livre raconte tout ce que l’humain a de pire, le condense et nous le jette à la figure pour nous faire comprendre que l’humain est la pire des créatures sur terre. Ce qui m’a le plus bouleversée dans ce livre c’est que, de toutes les histoires que l’on suit, pas une ne nous offre un répit ou une lueur d’espoir quant à une éventuelle étincelle d’altruisme. Non. Rien. Nada. Que dalle.
Ce roman est vraiment un condensé de haine, de mépris et de bassesses.

Et tout ça m’a déprimée et m’a dégoûtée. Quand Lemon June dit qu’il est rare qu’après un livre d’Émile Zola on n’ait pas envie de suicider, je ne peux qu’approuver !

 

5. Tao te king de Lao Tseu

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Ce bouquin, qui est la base de la doctrine taoïste, mais c’est l’un des rares bouquins pour lequel je peux dire qu’il a changé ma vie.
C’est aussi le seul livre de ma bibliothèque que je relis régulièrement (d’ailleurs, ça fait longtemps que je ne l’ai pas relu…).

C’est une doctrine philosophique que j’aime beaucoup parce qu’elle a pour but d’apporter la paix non seulement intérieure, mais aussi celle entre les peuples et au sein des peuples.

XII

Les cinq couleurs aveuglent la vue de l’homme,
les cinq tons assourdissent l’ouïe de l’homme,
les cinq saveurs gâtent le goût de l’homme,
les courses et les chasses égarent le cœur de l’homme,
la recherche des trésors excite l’homme à commettre le mal.

C’est pourquoi le saint s’occupe du ventre* et non de l’œil**.
C’est pourquoi il rejette ceci et choisit cela.

*le ventre = les besoins physiques
**l’œil = les désirs artificiels

D’ailleurs, soit dit en passant, ce livre est le n°42 de la série chinoise de la collection Connaissance de l’Orient de chez Gallimard… Serait-ce un signe ? 😉

 

Voilà ! Alors, avez-vous été surpris-e par cette sélection ?
Et vous, quel est votre top 5 des livres qui ont marqué votre vie de lecteur ou de lectrice ?

2 réflexions sur “5 livres qui ont marqué ma vie de lectrice

  1. Ah oui c’est une sélection surprenante ! Je ne m’attendais pas à trouver Le Cid 😉 C’est un joli choix.
    alors attends moi si je devais en sélectionner 5 je dirai (liste qui peut changer, là je fais vite) :
    -1 :Celui qui m’a fait faire un malaise d’hooreur, comme toi avec La Bête humaine de Zola, ce serait Voyage au bout de la nuit, de Céline.
    -2 : en BD, les Passagers du vent, de François Bourgeon. J’y ai appris à lire (en cachette), mais aussi « appris » à dessiner, du temps ou je m’appliquais vraiment, j’étais fan du personnage d’Isabeau, de sa jeunesse et sa liberté. La derniere page du tome 5 m’émeut toujours, je crois que j’en ferai un tirage géant un jour 🙂
    -3 : Jeunesse : Hulule le hibou. Tous mes souvenirs d’enfance sont là, dans ce livre. Je l’ai racheté il ya peu d etemps.
    -4 : Les romans de Fred Vargas, pas un en particulier, j’ai senti qu’il y avait un échos avec le monde d’écriture que je voulais inventer, cette multitude de personnages hauts en couleur, les relations entre eux. J’ai commencé à gamberger écriture à partir d’elle (et Gavalda, que je snobais, alors qu’il ne fallait pas !)
    -5 : Mémoire d’une jeune fille rangée, de Simone de Beauvoir (et toute la suite de ses mémoires, et essais, bref tout) tellement que je lui ai consacré mon sujet de mémoire, et que je me sens plus zen dans mes actes, mon âge qui avance, grâce à elle.
    Voilà !

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