Les corrections…

… Pour le meilleur et pour le pire.

Et quand on voit la tête de notre premier jet, c’est souvent pour le pire…

Pour certain-e-s les corrections sont un moment de félicité extrême. Ces écrivains et écrivaines conçoivent cette étape de travail comme le moment où leur roman naît vraiment, parce qu’ils/elles peuvent (enfin !) le perfectionner, le peaufiner, le sublimer.

Et je suis assez d’accord avec eux/elles. Toutefois, pour moi, cette étape dans l’écriture est la plus éprouvante de toutes.

Alors, bien entendu, ce que je vais vous dire aujourd’hui n’est que mon propre point de vue, mon ressenti personnel et il ne concerne que moi. D’ailleurs, il ne remet pas en cause non plus la vision des autres.
Chacun vit les corrections à sa manière.

Comme vous le savez très certainement, j’ai terminé le tome 2 de ma série Neph et Shéa. Mais terminer un premier jet ne signifie pas avoir terminé son roman pour autant. Il reste encore du chemin à parcourir avant que le texte ne soit publié et, surtout, publiable. L’une de ces étapes à franchir est l’étape des corrections… qui est celle que j’aime le moins.

Que vous comptiez soumettre votre manuscrit à des maisons d’édition ou l’autoéditer, les corrections sont une étape indispensable. Elles permettent de :

  • Rectifier les incohérences
  • Perfectionner le style
  • Parfaire les descriptions
  • Corriger les répétitions, les fôtes d’aurtograffe, de syntaxe, de typographie…
  • Mieux développer les personnages
  • etc.

Pourtant c’est une étape qui me hérisse le poil. La raison en toute simple : c’est difficile d’être confronté à sa propre médiocrité.

« Médiocrité » est peut-être un peu fort comme terme, mais c’est vraiment ce que je ressens quand je me replonge dans mes premiers jets. Il faut savoir que, lors de l’écriture de mes premiers jets, je fais déjà un gros travail sur le style. Je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde, que certain-e-s se contentent de « jeter » leurs idées pour les réécrire correctement ensuite. Ce n’est pas mon cas.

Quand j’écris mes premiers jets, je fais très attention à mon style, au choix des mots (ça m’est déjà arrivé de perdre une dizaine de minutes pour trouver LE mot qui correspond à ce que je voulais décrire, comme ce fut le cas pour « cuvier »), à éviter les répétitions… Donc, quand on met déjà beaucoup de soin à trouver le bon mot dès le départ et qu’on voit la platitude de certains passages, ben oui, c’est déprimant et ça nous donne une impression de médiocrité. Pourtant, je sais pertinemment bien que mon premier jet est très loin d’être parfait et qu’il relève beaucoup plus d’une transcription émotionnelle que d’un réel travail rédactionnel propre et net. Mais je suppose que c’est surtout dû au cruel manque de confiance en moi.
De même, je suis incapable de ne pas travailler mon style dès le début. L’idée de devoir tout réécrire, si je me contente de « jeter mes idées », me déprime encore plus. Ça me donne l’impression que je vais devoir faire deux fois plus de travail. Je préfère vraiment écrire correctement dès le départ et n’avoir qu’à corriger ce qui a été écrit et non pas à tout réécrire pour devoir, ensuite, corriger ce qui a été réécrit.

Un autre aspect que je trouve déprimant, c’est quand on se rend compte qu’on pourrait faire autant de corrections que l’on voudra, notre roman ne sera JAMAIS parfait. Qu’il y aura toujours des détails qui pourront être améliorés, des phrases mieux tournées, de meilleures descriptions…
Alors, je sais qu’il existe des professionnel-le-s (c’est même mon métier…) qui pourraient m’accompagner dans cette étape, mais mon portefeuille n’est pas trop d’accord pour m’offrir un accompagnement personnalisé…
Et si vous me sortez que, si je suis moi-même une correctrice pro, je devrais être en mesure de pouvoir faire du super boulot toute seule, je vous répondrai qu’on voit toujours mieux la paille dans l’œil de l’autre que la poutre qu’on a dans le sien ! 😉
Avoir un regard extérieur sur son travail est essentiel pour en assurer la qualité.

Mais bref ! Cessons là ces palabres déprimants !

Parce que oui, les corrections ont tout de même (au moins) un bon côté : celui de constater qu’on progresse !

Quand je me suis mise à la correction de La Fuite, je vous jure que j’ai pleuré (littéralement, pour du vrai et avec sponsorisation de Kleenex). Alors que pour L’Exode, ça va. Je lève les yeux au ciel, je souffle, je me facepalm parfois. Ce qui prouve que je progresse. Et ça, ça n’a pas de prix !

Pour rappel, j’écris depuis que j’ai 10 ans, mais La Fuite est mon premier roman. Avant je n’écrivais que des nouvelles et je vous assure que l’écriture (rédaction + correction) de nouvelles est très différente de celle d’un roman.

Donc, voilà ! Tout ça pour vous dire que j’ai commencé les corrections du tome 2 de Neph et Shéa. 😉

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5 réflexions sur “Les corrections…

  1. Bon courage pour les corrections. C’est un passage indispensable et intéressant, souvent ingrat aussi, c’est vrai. As-tu des bêta-lecteurs pour t’aider dans le travail de réécriture, notamment pour repérer les éventuelles incohérences et lourdeurs, répétitions en tête ? Personnellement je fréquente le forum CoCyclics qui est une mine pour s’améliorer, ainsi que l’Orée des Conteurs, où je n’ai plus trop le temps d’intervenir ces derniers mois, mais qui a un fonctionnement intéressant et propose des travaux de qualité. Ces deux forums sont des forums de bêta-lecture dédiés aux genres de l’imaginaire. Si tu cherches à confronter ton texte à des avis extérieurs pour t’aider à l’améliorer puis à le magnifier, je t’invite à aller y jeter un oeil. Bien sûr, cela prend du temps, et on donne autant que l’on reçoit (souvent plus d’ailleurs, mais donner est très enrichissant aussi !), mais c’est un outil à mon humble avis très utile, plus encore pour des auteurs indépendants et/ou auto-édités.

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  2. j’ai envie de te dire d’avoir un regard bienveillant envers ton travail, d’avoir confiance en toi et d’avoir confiance en ce que tu écris et d’aimer ce que tu écris ^^ personnellement j’écris depuis que j’ai 11 ans, je ne suis pas vraiment perfectionniste d’ailleurs la perfection n’existe pas et j’ai toujours eu un regard bienveillant envers ce que j’ai écrit que même adulte j’aime toujours mes anciens écrits et j’ai en plus gagné en confiance en moi avec l’âge, je n’ai pas encore publié mes écrits, ils ne sont pas prêts encore mais si j’en finis un et qu’il me semble prêt, que je l’aime, j’aurai confiance en mon histoire ^^

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  3. Je me reconnais plutôt bien dans ton article. Je suis perfectionniste et quasiment jamais satisfaite de mon travail. Je me relis des dizaines de fois, il y a toujours des petites choses sur lesquelles j’ai envie de revenir dans mes écrits. Je pense au fil de ma relecture « trop simple » ou « trop compliqué », « j’ai oublié de préciser telle chose » ou à contrario « ces détails ne sont pas importants »… Et je ne supporte pas les répétitions donc je les traque farouchement une à une, notamment le verbe « dire » après les dialogues qui personnellement me hérisse le poil lorsqu’il est employé trop souvent dans les autres livres. Bref, tout ça me fait perdre un temps fou. Mais comme tu le dis si justement, il est impossible d’obtenir un résultat irréprochable qui corresponde en tous points à son idée des choses. Je pense qu’il faut parvenir à prendre du recul par rapport à ses propres écrits ( ce qui n’est pas évident, j’en conviens volontiers ! )

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