8 clés pour comprendre les écrivain-e-s quand on est un être humain

C’est bien connu, les écrivain-e-s ne sont pas des êtres humains.

Ils n’ont ni besoin de boire, ni de manger, ni de dormir, ni de s’habiller… Les différents acteurs de la chaîne du livre l’ont bien compris. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils/elles sont payé-e-s une misère…

Je rigole… 😉

Quoi qu’il en soit, les écrivain-e-s sont souvent vu-e-s comme des bêtes étranges de la part des non-écrivain-e-s. Du coup, j’ai voulu donner 8 clés de compréhension pour que les non-écrivain-e-s puissent interpréter le comportement de ces créatures étranges et savoir comment réagir.

 

1. Évitez de lui donner des conseils si vous n’écrivez pas vous-même

Ces créatures n’acceptent de conseils que de la part de leurs semblables. Donc, faites très attention à ce que vous dites.
Ce que vous voudriez lui conseiller, il/elle y a déjà sans doute pensé.

Et si vous lui conseillez des choses à mettre dans ses écrits, rappelez-vous ce conseil très utile :

Un-e écrivain-e peut vous tuer.
(dans son roman…)

2. Un-e écrivain-e voit le monde autrement

Il arrive qu’il/elle soit en extase devant un objet ou une scène totalement banale. N’y faites pas attention : des connexions ésotériques sont en train de s’établir dans son cerveau.

Il/elle est capable de créer des histoires mirobolantes (ou pas) à partir de minuscules éléments du quotidien qui vous paraissent anodins, mais qui sont, pour lui/elle, des sujets d’études fascinants.

Lors de ces phases de divagation, laisse-le/la. Ce sont des épisodes qui sont indispensables à sa santé mentale et à sa créativité. S’il/elle reste trop longtemps à fixer un objet, achetez-le ou prenez-le en photo, sinon il/elle n’en décollera pas.

3. Quand un-e écrivain-e se met à écrire (n’importe où, n’importe quand, avec et sur n’importe quoi), c’est normal

Si vous le/la voyez sortir un stylo et écrire sur le premier support qui passe (un mouchoir, un set de table en papier, ses mains/bras/jambes), et ce, où que ce soit, c’est normal.
Durant ces phases, souvent frénétiques, il est possible de l’entendre glousser, voire crier.

Encore une fois, laissez-le/la faire. Il s’agit d’un moment où il/elle ressent un besoin irrépressible de noter ses idées. Si vous l’interrompez, vous risquez de vous faire mordre.

Si le lieu et/ou l’objet/la partie de son corps sont inappropriés par rapport au contexte social dans lequel vous vous trouvez avec lui/elle, n’hésitez pas à l’emmener dans un endroit plus discret pour qu’il/elle puisse assouvir son besoin scriptural.

En revanche, s’il/elle commence à graver ses idées dans sa peau, là vous pouvez intervenir. La meilleure des solutions dans ce cas, reste le seau d’eau froide sur la tête et, dans le pire des cas, l’assommer. Mais, rassurez-vous, cela arrive rarement.

4. Quand ça freeze, c’est normal

Il arrive que l’écrivain-e s’arrête net, en pleine rue, au beau milieu d’une phrase ou d’un geste, et demeure immobile pendant un certain laps de temps, et ce, avec le regard vide. Il peut arriver qu’il/elle se mette à parler seul.

Même si ça peut être impressionnant, surtout ne paniquez pas. C’est, en général, une phase pendant laquelle l’écrivain-e accède à un autre niveau de conscience. En général, ce blocage complet du corps de l’écrivain-e précède une phase de mouvements frénétiques destinée à dénicher de quoi écrire. Quand il/elle en arrive là, je vous renvoie au point précédent.

Toutefois, afin de calmer cette frénésie au plus vite et de le/la voir retrouver un comportement plus humain, je vous conseille d’avoir toujours de quoi écrire sur vous.

5. Pendant qu’il/elle est en pleine session d’écriture, ne l’interrompez pas

Ne l’interrompez SURTOUT pas… vous risqueriez votre vie…

Même si vous voyez qu’il/elle est en souffrance, qu’il/elle crie ou pleure, surtout ne vous en approchez pas. Il s’agit juste d’une scène difficile émotionnellement ou d’une crise existentielle de la part de l’écrivain-e.

En général, pendant ses sessions d’écriture, l’écrivain-e se plonge dans les méandres occultes de son esprit pour se connecter à une réalité alternative et se détache de ses quelques bribes d’humanité. Il/elle redevient une créature primitive qui ne connaît que ses propres besoins scripturaux.

6. S’il/elle vous demande du réconfort après une session d’écriture ne le lui refusez pas

Il arrive que les sessions d’écriture soient très éprouvantes pour les écrivain-e-s et qu’à la fin de l’une d’entre elle, le moral soit au plus bas.

Si vous lui refusez une marque de réconfort (comme un câlin, un mot gentil, une glace — ceci est un message subliminal à destination de mon mari…), il se pourrait que cela le/la plonge dans une profonde déprime car il/elle n’aurait pas réussi à passer le cap émotionnel.

7. De son point de vue, vos remarques sont différentes

Ce que vous dites à un-e écrivain-e n’a pas nécessairement la même notion pour lui/elle que pour vous. Son cerveau ésotérique déforme la compréhension qu’il/elle a du monde et des paroles des humains. Ainsi, certaines de vos paroles seront traduites et interprétées avec un sens propre à sa langue.

Quelques exemples :

  • C’est pas mal ce que tu écris = C’est nul.
  • Ne te force pas à écrire si tu n’en as pas envie = Tu cours à l’échec et, en plus, tu persévères. Il vaudrait mieux que tu cesses.
  • J’aimerais bien lire ce que tu écris = Tu me fais pitié.
  • C’est naze, recommence ! = C’est mauvais, mais tu peux essayer de l’améliorer.
  • C’est trop génial ce que tu écris ! J’adore TROP !!!!!! = C’est passable.
  • C’est mauvais (de la part d’un humain) = C’est très mauvais.
  • C’est mauvais (de la part d’un-e écrivain-e) = Comment oses-tu appeler ce torchon un roman ?! Tu es une honte pour notre espèce ! Nous devrions tous t’exiler au fin fond de la galaxie et te confisquer tout moyen de rédiger ! Tu ne devrais même plus avoir le droit d’écrire quoi que ce soit ! Même pas un LOL sur Twitter !
  • Tu viens manger ? = Reviens dans la réalité et passe un peu de temps avec les humains qui t’ont adopté-e.

8. Si vous êtes le ou la propriétaire d’un-e écrivain-e, nourrissez-le/la

Les écrivain-e-s ont une fâcheuse tendance à oublier de se sustenter pendant leurs phases créatives et leurs sessions d’écriture.

Comme au point 5, je vous déconseillais de les interrompre pendant ces phases-là, vous pouvez toujours lui jeter de la nourriture, comme des biscuits ou des bonbons, et lui apporter une boisson (thé ou café) si vous voyez qu’il/elle a besoin de boire et de manger.
Mais toujours sans lui parler ni le/la toucher !

 

Voilà, chers humains et chères humaines, j’espère que ces clés vous aideront à mieux appréhender ces créatures étranges. 😉
Et vous, avez-vous d’autres trucs et astuces pour comprendre les écrivain-e-s ou les apprivoiser ?

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4 réflexions sur “8 clés pour comprendre les écrivain-e-s quand on est un être humain

  1. Tu as oublié le chocolat, au point 8 😀 Très important le chocolat !

    J’ajouterais qu’un-e écrivain-e peut aussi avoir tendance à s’intéresser à toutes sortes de choses plus étranges les unes que les autres, comme le cycle de vie d’un labre à tête de mouton (allez-y, cherchez, vous verrez ^^), et parfois faire des recherches inquiétantes, comme le temps que met un cadavre à se décomposer ou comment fabriquer une bombe avec ce qu’il a dans sa cuisine. Pas d’inquiétude, ça ne veut pas dire qu’il/elle soit un-e psychopathe – seulement qu’il y en a un dans son roman ; toutes ces recherches devraient rester purement théoriques.
    Parfois, néanmoins, l’écrivain-e ressent l’envie voire le besoin d’expérimenter certaines choses par lui/elle-même, afin d’apporter plus de réalisme à sa prose. Les cours d’initiation à l’escrime ou au tir à l’arc sont relativement inoffensifs ; pour les voyages sur les lieux du roman, tout dépendra évidemment de l’éloignement et du budget ; prudence toutefois s’il écrit du space opera. A vous de trouver l’équilibre pour montrer votre soutien à votre écrivain-e tout en restant dans les limites du raisonnable…

    Aimé par 1 personne

  2. haha c’est bien dit et avec humour ^^ j’écris mais je suis célibataire donc ça va mais habitant encore chez ma mère, ma mère peut m’interrompre du coup je choisis bien mes moments pour écrire, par contre je n’ai pas ce problème d’interprétation, c’était drôle ce que tu as écrit, mais je n’ai pas ça car j’ai un regard bienveillant sur ce que j’écris et j’ai déjà écrit des nouvelles sur des amies que je leur ai donné et ils ont bien aimé 🙂 Par contre oui j’ai souvent le regard ailleurs parfois surtout dans le bus à rêvasser, je me mets à parler seule aussi mais je le fais souvent chez moi et un peu moins à l’extérieur ni devant mes amies et ça va concernant mes idées d’écriture je les ai souvent chez moi et pas vraiment à l’extérieur du coup mes amies ne m’ont vu écrire mes idées et les noter sur tout et n’importe quoi

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